EuroSkills Liège 2012

EuroSkills.

Vous avez entendu parler de « EuroSkills »?
Fantastique! Une organisation digne de celle d’un Grand Prix de F1.
Ça, c’est normal car ça se passe dans les installations de Francorchamps.

Extraordinaire: des écoliers-étudiants-artisans venus de l’Europe entière s’affrontent au travers de réalisations diverses: menuiserie, charpente, maçonnerie, bref, tous les métiers qui exigent des
aptitudes motrices (skills=habiletés). Gruttage, poids lourds, toitures, tout je vous dis.

Génial car on y va avec quelques élèves de l’Institut Provincial d’Enseignement Secondaire Spécialisé.

Quand on dit « Spécialisé », cela signifie « fréquenté par des jeunes personnes handicapées.
Bon ça, pour eux!
Sauf que…

La pluie: là, on n’y peut rien.

Le monde: fou!!! Beaucoup, énormément de jeunes gens avec leurs profs qui circulent n’importe comment pour ne pas être mouillés! La pluie sur le gel à cheveux…
« N’importe comment », ça veut un peu dire « Toi, le ‘capé, tu me gênes, laisse-moi passer! »

Les nôtres, évidemment, ne peuvent pas « se défendre », donc, obligation de jouer les gendarmes pour les accompagnants.
Sous une drache mémorable, on arrive dans une immense tente où des équipes de deux jeunes de toutes nationalités européennes montent des mini charpentes, des installation électriques ou sanitaires, etc.

Impressionnant, ce hall d’environ cent mètres sur trente.

Problème, après quinze mètres parcourus, il y a trois marches. Seules les voiturettes manuelles pourront faire un tour, moyennant des efforts pour faire gravir ces escaliers aux fauteuils, effort consentis par le personnel et par nos élèves à huit reprises.

Pensez-vous que parmi les centaines de gars qui nous croisaient, ils en eût qui se soient précipités pour remplacer les semi-handicapés pour porter les autres? Que nenni!
Sur huit obstacles, seul quatre gars se sont donné la peine, pour deux franchissements.

Mais bon.

Trempés, fumant malgré qu’ils soient (que nous soyons) frigorifiés, on arrive à un endroit sec et chauffé, après avoir dû ferrailler avec des valides, qui trouvent les escaliers épuisants, pour monter par ascenseur (minuscule) six voiturettes en une heure!

Une fois tous réunis, il faut aller chercher le pick-nic aux cars, à trois kilomètres.
On essaye donc de trouver des responsables sécurité pour entrer dans l’enceinte du circuit. Pas simple. Un gros bonnet refuse tout net alors qu’une hôtesse va se battre pour nous. Et y arriver. Merci à elle.
Pour approcher, Francorchamps, Stavelot, retour au circuit, etc.

Entretemps, les gosses se font virer de la « Brasserie » où ils commençaient à sécher: « Faut consommer »!

Entretemps, ces Messieurs les Ministres et autres huiles sont arrivés avec moult journalistes et photographes, et vas-y que je te serre quelques pinces de petits ‘capés. On ne sait jamais, ça peut faire bien de s’abaisser à serrer quelques mains paralytiques et mieux: peut-être une photo dans le journal. C’est bientôt les provinciales quand-même!

Entretemps, une collègue se coltine une attachée de presse guindée de madame la Ministre qui veut piquer l’ascenseur pour les huiles qui ne peuvent pas attendre.
Ben non! Nos élèves eux non plus, ne peuvent pas attendre.
Elle grommèlera mais elle attendra, en frôlant la menace, disant que la miniss est notre tutrice!
« Voulez-vous mon nom? » demandera la collègue furax.
Merci à elle.

Entretemps, une autre collègue doit s’entendre dire
     « Eeeh viens toi, là. J’vé t’frapé »
(parce que même en parlant, il fait des fautes!).

Entretemps, on finit par se réunir au fin fond d’une galerie après être passés devant un immense stand occupé par tous ces cols blancs et ces petits doigts en l’air qui se bâfrent de saumon fumé, de champagne, de pinard, etc. Les huiles…
Nous, on a pu aller se foutre au fond, entre deux exposants vantant diverses écoles.
Les gosses ont bouffé assis par terre ou dans leur fauteuil roulant, les adultes debout.

A tout cela, ajoutons les regards de merlans frits que nous lancent une bonne majorité, adultes autant que jeunes, des regards que nos ados ont, à mon avis, rarement ressenti aussi mal, et vous aurez une idée de la journée idyllique que nous avons passée.

Et vous savez quoi? Pas un ne s’est plaint et pas un n’a quitté son sourire.

Des leçons de vie tous les jours pour nous. Dommage que tous ces petits cons et tous les autres que nous avons dû supporter aujourd’hui, ne peuvent pas en soupçonner quelques pour cents de leur importance. Prenez-en de la graine, bande de petits et grands cons!

Quand on organise ce genre d’opération (géniale, je le reconnais), que l’on y invite des personnes à mobilité réduite, la moindre des choses, ce serait de leur offrir quelques facilités d’accès, et surtout de commencer par comprendre ce qu’est « un accès » pour une voiturette.

Entretemps de merde
Tristounette journée pour moi, heureusement récompensée par la (malgré tout) belle humeur de nos jeunes.

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